Confrérie du Jambon de Bayonne

Le site sur la rive gauche de la Nive et de l'Adour est probablement occupé avant l'Antiquité et une enceinte fortifiée est attestée au 1er siècle, à l'époque où les Tarbelli occupent le territoire. Des études archéologiques ont confirmé la présence d'un castrum romain, place forte de Novempopulanie, à la fin du IVème siècle, avant que la cité ne devienne vasconne. La période qui s'étend entre les Vème et XIème siècle est restée, à ce jour, quasiment muette sur cet emplacement.

En 1023, Bayonne est la capitale du Labourd, et s'étend au XIIème siècle vers et au-delà de la Nive, alors qu'est construit le premier pont sur l'Adour. La ville passe sous domination anglaise en 1152 par le mariage d'Aliénor d'Aquitaine : elle devient militairement mais surtout commercialement importante grâce aux échanges maritimes. Elle est séparée de la vicomté du Labourd en 1177 par Richard Coeur de Lion. En 1451, la ville est prise par la couronne de France, au terme de la Guerre de Cent Ans. La perte des échanges avec les Anglais et l'ensablement du fleuve, puis son déplacement vers le nord, l'affaiblissent, mais le quartier de Saint-Esprit se développe grâce à l'arrivée d'une population juive fuyant l'inquisition espagnole. Bayonne devra à cette communauté sa notoriété dans le domaine du chocolat. Le cours de l'Adour est modifié en 1578 sous la direction de Louis de Foix, et le fleuve retrouvant son embouchure antérieure, redonne au port de Bayonne l'activité perdue pendant plus de 100 ans. Au XVIème siècle, la ville est fortifiée par Vauban.

A la révolution, la rive gauche forme la commune de Bayonne, dans le département des Basses-Pyrénées, alors que la rive droite devient celle de Saint-Esprit, dans le département des Landes. Bayonne a alors un peu moins de 13 000 habitants et Saint-Esprit environ 4 500. En 1814, Bayonne et ses environs sont le théâtre de combats entre les troupes napoléoniennes et leurs opposants : la ville subit alors un siège. Au XIXème sicèle, la ville s'étend et se peuple : en 1857, trois ans après l'arrivée du chemin de fer à Saint-Esprit, la commune fusionne avec Bayonne. Le réseau ferroviaire se développe alors vers le sud et l'ouest, mais aussi localement avec des lignes secondaires se dirigeant vers Biarritz, qui prend alors de l'importance.

La ville est en 1933 le point de départ de l'affaire Stavisky puis se retrouve, dès juin 1940, en zone ocuupée. En 1951 est découvert le gisement de gaz de Lacq dont le port de Bayonne devient l'exutoire. Durant la seconde moitié du XXème siècle, de nombreux grands ensembles sont construits, formant de nouveaux quartiers en périphérie, et la ville s'étend jusqu'à constituer une conurbation avec Anglet et Biarritz : cette agglomération devient le coeur d'une vaste aire urbaine basco-landaise.

Bayonne est en 2014 une commune de plus de 40 000 habitants, la principale de l'aire urbaine de Bayonne et de l'agglomération Côte Basque-Adour où elle côtoie Anglet et Biarritz, important maillon de l'eurocité basque Bayonne - San Sebastian, elle joue le rôle de capitale économique du bassin de l'Adour. L'industrie moderne (métallurgie, produits chimiques) a pu s'y implanter, grâce aux possibilités d'approvisionnement et d'expéditions par mer de son port, mais ce sont surtout les activités de services qui, aujourd'hui, représentent le plus grand gisement d'emplois. Bayonne est également une capitale culturelle, ville aux influences basques et gasconnes forte d'un riche passé historique. Son patrimoine réside dans son architecture, la diversité des collections de ses musées, mais aussi dans ses spécialités gastronomiques ou ses évènements traditionnels comme les célèbres fêtes de Bayonne.